Comment boire l’eau du riz pour renforcer digestion et immunité ?

Boire l’eau du riz après cuisson est une pratique courante dans plusieurs pays d’Asie depuis des générations. Ce liquide blanchâtre, riche en amidon, suscite un regain d’intérêt en France pour ses effets supposés sur la digestion et l’immunité. Avant de l’adopter au quotidien, il faut comprendre ce que cette eau contient réellement, comment la préparer sans risque et dans quelles situations elle présente un vrai intérêt.

Arsenic et pesticides dans l’eau de cuisson du riz : le risque que les recettes oublient

Vous avez déjà vu des vidéos conseillant de récupérer l’eau de cuisson du riz pour la boire telle quelle ? Le problème, c’est que cette eau ne contient pas seulement de l’amidon et des traces de minéraux. Elle peut aussi concentrer des substances indésirables.

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Le riz absorbe naturellement l’arsenic présent dans les sols et l’eau d’irrigation. Quand vous le faites cuire, une partie de cet arsenic se libère dans l’eau de cuisson. Des nutritionnistes recommandent aujourd’hui de cuire le riz dans cinq à six volumes d’eau, puis de jeter cette eau, pour réduire la teneur en arsenic de manière significative.

Cette recommandation entre en contradiction directe avec l’idée de boire l’eau de cuisson. Si vous jetez l’eau pour éliminer l’arsenic, vous ne pouvez pas la consommer pour ses bienfaits en même temps.

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La question des résidus de pesticides

L’usage de pesticides en agriculture est orienté à la hausse ces dernières années en France. Le Monde rapporte une augmentation d’environ 50 % du NODU (un indicateur d’usage des pesticides) pour un groupe de substances entre 2019 et 2024. Même si le riz cultivé en France reste marginal par rapport aux importations, un riz non bio peut transporter des résidus dans son eau de cuisson.

Choisir un riz bio et le rincer abondamment avant cuisson réduit ce risque. Sans ces précautions, boire l’eau du riz revient à concentrer dans un verre ce que vous cherchiez justement à diluer.

Homme tenant un verre d'eau de riz à table dans un appartement cosy

Ce que contient réellement l’eau de riz et son effet sur la digestion

L’eau de cuisson du riz est composée principalement d’amidon dissous, d’un peu de glucose et de traces de vitamines du groupe B. Son intérêt nutritionnel reste modeste comparé à un verre de bouillon de légumes ou à un fruit frais.

Son véritable atout se situe du côté du système digestif. L’amidon libéré dans l’eau forme un liquide légèrement gélatineux qui tapisse la paroi de l’estomac et de l’intestin. Cet effet protecteur peut calmer les irritations digestives légères et ralentir le transit.

Eau de riz et diarrhée : le seul usage vraiment documenté

En médecine traditionnelle comme en pratique courante, l’eau de riz est surtout utilisée pour accompagner les épisodes de diarrhée. L’amidon qu’elle contient aide à épaissir les selles et contribue à la réhydratation. C’est d’ailleurs le seul usage pour lequel les professionnels de santé reconnaissent un intérêt réel.

  • En cas de diarrhée légère, boire un à deux verres d’eau de riz tiède dans la journée peut aider à réduire la fréquence des selles liquides.
  • Pour les enfants et les personnes âgées, cette eau constitue une option douce de réhydratation, en complément (pas en remplacement) d’une solution de réhydratation orale.
  • En dehors d’un épisode digestif, l’eau de riz n’a pas d’effet démontré sur la digestion quotidienne d’une personne en bonne santé.

Attribuer à cette boisson des vertus de renforcement de l’immunité est exagéré. Aucune étude mentionnée dans les sources disponibles ne confirme un lien direct entre la consommation d’eau de riz et une amélioration mesurable du système immunitaire.

Préparer l’eau du riz : méthode de cuisson contre trempage à froid

Deux méthodes existent pour obtenir de l’eau de riz. Elles ne donnent pas le même résultat et ne présentent pas les mêmes risques.

La méthode par cuisson

Faites cuire votre riz dans un volume d’eau supérieur à celui que le riz absorbe. Filtrez et récupérez le liquide restant. Cette méthode libère davantage d’amidon, ce qui donne une eau plus épaisse et plus efficace en cas de trouble digestif.

Le revers : c’est aussi cette méthode qui concentre le plus l’arsenic et les éventuels résidus chimiques. Un rinçage soigneux du riz cru (trois à quatre passages sous l’eau) est indispensable avant de cuire le riz dont vous comptez boire l’eau.

La méthode par trempage

Rincez le riz, puis laissez-le tremper dans de l’eau froide pendant une à deux heures. L’eau récupérée est moins concentrée en amidon, mais aussi moins chargée en contaminants potentiels. Cette version convient davantage à un usage régulier.

  • Utilisez un riz bio, de préférence cultivé en Europe, pour limiter la présence d’arsenic.
  • Rincez toujours le riz trois à quatre fois avant le trempage.
  • Consommez l’eau dans les heures qui suivent la préparation. Au-delà de 24 heures au réfrigérateur, des bactéries peuvent s’y développer.
  • Ne réchauffez pas l’eau de riz déjà préparée : la prolifération bactérienne s’accélère à température ambiante.

Vue de dessus d'un bol en argile avec du riz trempé dans l'eau sur une surface en pierre

Eau de riz et alimentation quotidienne : faut-il en boire tous les jours ?

La tentation est forte de transformer l’eau de riz en boisson santé quotidienne. Avant de le faire, posez-vous une question simple : votre digestion pose-t-elle un problème récurrent ?

Si votre transit fonctionne normalement, boire de l’eau de riz tous les jours n’apporte pas de bénéfice nutritionnel notable. L’amidon ralentit le transit, ce qui peut même provoquer de la constipation chez certaines personnes.

En revanche, si vous traversez une période de fragilité digestive (gastro-entérite, régime alimentaire perturbé, prise d’antibiotiques), un verre d’eau de riz tiède avant ou après le repas peut soulager les inconforts. Il s’agit d’un usage ponctuel, pas d’un réflexe permanent.

Ce que l’eau de riz ne remplace pas

Elle ne remplace ni un apport en fibres variées (fruits, légumes, légumineuses), ni une hydratation classique avec de l’eau plate, ni un avis médical en cas de troubles digestifs persistants. La considérer comme un complément ponctuel, et non comme un aliment santé miracle, permet d’en tirer le meilleur parti sans prendre de risque.

L’eau du riz a sa place dans une alimentation réfléchie, à condition de choisir un riz bio, de le rincer correctement et de consommer l’eau rapidement. Gardée pour les jours où le ventre proteste, elle rend un vrai service. Transformée en habitude quotidienne sans raison particulière, elle perd son intérêt et peut même poser des questions de sécurité alimentaire liées à l’arsenic.

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