En 1980, l’Organisation mondiale de la santé a certifié l’éradication de la variole, marquant la disparition d’une maladie qui causait des millions de décès chaque année. Cette réussite n’a pas été répétée pour toutes les infections ciblées par la vaccination, mais certains pathogènes ont pratiquement disparu dans plusieurs pays grâce à des campagnes systématiques.
La diphtérie, la poliomyélite ou encore la rubéole figurent parmi les exemples les plus marquants de recul, voire d’élimination locale, obtenus par une couverture vaccinale soutenue. Les statistiques mondiales montrent une baisse de plus de 99 % de certaines maladies depuis l’introduction de leur vaccin respectif.
Pourquoi certaines maladies ont-elles disparu de notre quotidien ?
Des campagnes de vaccination menées à grande échelle ont profondément modifié le rapport de force entre l’humanité et les maladies infectieuses. La poliomyélite, la diphtérie, la rougeole, ces noms qui semaient la crainte il y a encore quelques générations, se font aujourd’hui discrets, presque relégués aux livres d’histoire dans de nombreux pays. Cette transformation ne tient pas du miracle. Derrière la disparition ou la raréfaction de ces maladies, plusieurs facteurs clés s’entremêlent, à commencer par l’immunité collective. Quand une large majorité de la population reçoit un vaccin fiable, même ceux qui ne peuvent être immunisés profitent d’une barrière protectrice : le virus, incapable de circuler librement, finit par s’éteindre localement.
Les programmes de vaccination structurés qui se sont multipliés après les années 1960 ont permis d’atteindre des taux de couverture vaccinale jamais vus auparavant. La France, par exemple, a vu la poliomyélite s’effacer du paysage dès 1995, tandis que la diphtérie n’y provoque plus de flambées depuis des décennies. Cette réussite repose sur un suivi rigoureux du schéma vaccinal, des rappels planifiés et une organisation minutieuse des campagnes de prévention.
Pour illustrer concrètement ce recul, voici quelques situations emblématiques :
- La rougeole : depuis l’administration généralisée de la première dose de vaccin, l’incidence de la maladie a diminué de plus de 90 %.
- La tuberculose et le tétanos : si elles ne sont pas totalement éradiquées, leur progression est désormais freinée grâce à des actions ciblées.
Ce n’est pas tout : l’efficacité repose aussi sur la mobilisation continue des équipes de santé publique, capables de détecter rapidement les foyers résiduels et d’y intervenir. Atteindre l’éradication totale, un défi rarement remporté, suppose une énergie constante et des réponses adaptées aux contextes locaux, surtout là où la couverture vaccinale recule.
Vaccins et santé publique : des chiffres qui parlent
Chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la vaccination sauve entre trois et cinq millions de vies face à des maladies infectieuses comme la rougeole, la poliomyélite ou le tétanos. Là où des campagnes structurées sont déployées, la mortalité infantile chute de façon spectaculaire. Les chiffres publiés par l’OMS révèlent que plus de 80 % des enfants dans le monde sont désormais protégés contre la plupart des maladies évitables par la vaccination, un niveau jamais atteint auparavant.
Pour mieux saisir l’ampleur de cette progression, quelques données marquantes s’imposent :
- En 2022, près de 122 millions d’enfants ont reçu une première injection du vaccin contre la rougeole.
- La vaccination contre l’Haemophilus influenzae type b a permis de réduire d’un facteur dix le nombre de cas de méningites infantiles dans de nombreux pays.
Ce bond en avant s’accompagne d’un impact financier tangible. D’après la Banque mondiale, chaque euro consacré à la politique vaccinale en rapporte seize, car il limite les hospitalisations et les soins lourds, tout en réduisant la charge pour les systèmes de santé.
Des avancées mais des disparités régionales
La couverture vaccinale n’est pas homogène partout. Certaines régions restent à la traîne, freinées par les conflits, la désinformation ou des obstacles logistiques. L’OMS le rappelle : plus de 20 millions d’enfants n’ont toujours pas reçu de vaccin de base chaque année. Étendre la politique vaccinale à tous et maintenir une vigilance active sont des défis permanents pour la santé mondiale.
Ce que l’histoire des grandes campagnes vaccinales nous enseigne sur la prévention des épidémies
Le déploiement massif des campagnes de vaccination a profondément marqué l’histoire moderne de la lutte contre les maladies infectieuses. Prenons la poliomyélite : autrefois fléau mondial, elle ne survit plus que dans quelques poches isolées, preuve qu’un programme d’éradication mené avec constance à l’échelle internationale peut faire reculer la maladie sur des continents entiers. L’appui de l’Organisation mondiale de la santé et la vigilance épidémiologique ont permis des avancées concrètes, visibles dans la vie quotidienne des populations.
En France, la couverture vaccinale contre la rougeole, les oreillons et la rubéole dépasse aujourd’hui 90 % chez les jeunes enfants. Ce résultat ne s’explique pas uniquement par l’efficacité technique du vaccin, mais aussi par la confiance dans la prévention collective et la stabilité des politiques de santé. L’Académie nationale de médecine rappelle que des taux élevés de vaccination protègent les plus vulnérables, via l’immunité collective qui bloque la circulation des virus.
La surveillance attentive après chaque campagne, couplée à une adaptation régulière des recommandations, reste décisive pour détecter les éventuels foyers et ajuster la stratégie. À l’échelle internationale, les enseignements tirés des luttes contre la diphtérie, le tétanos ou la rougeole convergent vers une évidence : seule une vigilance de tous les instants, appuyée sur une forte adhésion sociale, permet de garder ces maladies sous contrôle. Regardons du côté du cancer du col de l’utérus : la vaccination contre les papillomavirus humains commence déjà à faire reculer les lésions précancéreuses chez les plus jeunes femmes dans plusieurs pays.
Les vaccins n’appartiennent pas au passé : ils dessinent, chaque jour, un avenir où l’on ne compte plus les vies sauvées, mais celles qui se construisent à l’abri des grandes épidémies.

