Cinq troubles d’apprentissage courants

Un élève capable d’expliquer une notion complexe peut, dans le même temps, avoir du mal à écrire une phrase complète. Dans une même classe, certains enfants multiplient les efforts sans que leurs résultats scolaires ne reflètent leur investissement.

Les difficultés d’apprentissage ne suivent pas toujours le rythme attendu ni les méthodes classiques. Les écarts observés ne relèvent pas d’un manque de motivation ni d’un déficit d’intelligence. Les diagnostics arrivent souvent tardivement, alors que des solutions existent pour mieux accompagner chaque élève.

Les troubles d’apprentissage : de quoi parle-t-on vraiment ?

Derrière le terme troubles d’apprentissage, se cache une réalité bien plus complexe qu’on ne l’imagine, même dans les milieux spécialisés. Ces troubles, qualifiés de spécifiques, entravent le développement des capacités d’un enfant dans un ou plusieurs apprentissages scolaires, sans que cela s’explique par une déficience intellectuelle, une absence de stimulation ou un trouble sensoriel. En France, près de 7 % des enfants sont concernés, un chiffre qui en dit long sur la prévalence de ces situations.

Pour mieux les cerner, voici les principaux types de troubles d’apprentissage :

  • les difficultés de lecture (dyslexie),
  • les troubles de l’écriture (dysorthographie, dysgraphie),
  • les troubles du calcul (dyscalculie),
  • le trouble du développement de la coordination (dyspraxie),
  • les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Leur expression varie, mais tous pèsent sur la scolarité, l’estime de soi et, parfois, le quotidien. Les symptômes se signalent par des erreurs fréquentes, une réalisation des tâches ralentie, une mémoire de travail qui flanche ou une fatigue inhabituelle face à des exercices simples.

Impossible de passer à côté de l’impact de la mémoire de travail. Sans elle, apprendre devient un parcours d’obstacles. Un enfant concerné par un trouble spécifique d’apprentissage voit souvent cette mémoire fragilisée. Distinguer ces signaux, comprendre ce qui se joue, c’est ouvrir la porte à des réponses adaptées et éviter les jugements injustes.

Zoom sur cinq troubles fréquents et leurs signes à repérer

Dyslexie : l’ombre portée sur la lecture

La dyslexie demeure le trouble d’apprentissage le plus cité. Elle se traduit par de vraies difficultés de lecture qui persistent, des lettres inversées, un décodage laborieux et souvent une compréhension entravée. Les enfants concernés peinent à suivre le rythme général, sans que cela n’ait de lien avec leur intelligence. Certains manifestent une réticence à lire à haute voix ou évitent les textes longs dès que possible.

Dysorthographie et dysgraphie : deux facettes de l’écriture

La dysorthographie rend l’écriture correcte des mots difficile. Les fautes s’accumulent, des lettres disparaissent, les accords semblent imprévisibles. De son côté, la dysgraphie s’attaque au geste. Le résultat ? Une écriture souvent illisible, lente et hachée. Ces deux troubles, parfois mêlés, compliquent autant l’expression des idées que la prise de notes pendant le cours.

Dyscalculie : quand le chiffre devient obstacle

La dyscalculie rend l’apprentissage du calcul ardu. Mémoriser les tables devient un casse-tête, les signes se confondent, les opérations simples sont sources d’erreurs. Dès le début de l’école élémentaire, les difficultés se montrent tenaces, résistant aux explications, ralentissant l’évolution scolaire.

Dyspraxie : l’habileté motrice en question

La dyspraxie, aussi appelée trouble du développement de la coordination, se manifeste par une maladresse marquée. Fermer des boutons, découper proprement, tracer une ligne droite : chaque geste réclame un effort considérable. Les enseignants repèrent une lenteur à terminer les exercices écrits ou des difficultés à organiser la page durant les activités.

TDAH : attention, agitation et impulsivité

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) se caractérise par des épisodes d’inattention, des gestes incessants et une impulsivité difficile à canaliser. Un enfant interrompt, se lève, oublie les consignes ou peine à rester concentré. Ce trouble, aux multiples visages, perturbe les apprentissages et affecte les relations avec les autres élèves comme avec les enseignants.

Adolescente travaillant sur ses devoirs à la maison

Des solutions concrètes pour accompagner enfants et ados au quotidien

Identifier un trouble d’apprentissage ne suffit pas : l’enjeu, c’est d’ajuster la prise en charge à chaque profil. Le diagnostic, établi par des professionnels formés, ouvre la voie à des réponses sur mesure. Orthophonistes, psychologues, neuropsychologues travaillent de concert pour élaborer des stratégies efficaces. À l’école, la mise en place d’un plan d’accompagnement personnalisé (PAP) ou d’un projet personnalisé de scolarisation (PPS) permet d’adapter les attentes, de moduler le rythme et de personnaliser les méthodes d’apprentissage.

Plusieurs types d’interventions existent selon la nature du trouble :

  • Séances régulières d’orthophonie dans les cas de dyslexie ou de dysorthographie,
  • Recours à des outils numériques pour compenser la dysgraphie,
  • Suivi en ergothérapie pour la dyspraxie,
  • Accompagnement psychologique et guidance parentale pour le TDAH.

Pour certains élèves, un accompagnement individuel en classe s’avère décisif. L’utilisation de supports adaptés, polices spécifiques pour les textes, calculatrice autorisée, temps supplémentaire, favorise la progression. Les recommandations de la Haute Autorité de santé guident les enseignants pour ajuster leur pédagogie, toujours dans le respect de l’élève.

Le rôle des familles s’avère tout aussi déterminant. Le soutien quotidien, la reconnaissance des progrès, l’encouragement à gagner en autonomie : chaque geste contribue à l’équilibre de l’enfant. La synergie entre parents, enseignants et professionnels constitue le socle qui permet à chaque élève concerné par des troubles d’apprentissage de trouver sa place, malgré les obstacles.

Un regard attentif, des outils adaptés, la confiance tissée entre adultes et enfants : parfois, il suffit d’un déclic pour ouvrir des horizons insoupçonnés.

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