Séances de musicothérapie : déroulement et aspects-clés

En France, seuls les professionnels titulaires d’un diplôme reconnu peuvent animer des séances de musicothérapie en milieu hospitalier. Pourtant, dans de nombreux pays européens, aucune réglementation stricte n’encadre cette pratique, laissant place à des approches très diverses selon les structures.

Les séances ne se limitent pas à la relaxation ou à l’expression artistique. Elles s’appuient sur des protocoles précis, adaptés aux besoins spécifiques de chaque participant. Les bénéfices constatés varient selon l’objectif thérapeutique, allant du soutien émotionnel à l’amélioration des fonctions cognitives.

La musicothérapie : comprendre ses principes et ses origines

La musicothérapie s’est imposée comme une discipline reconnue par l’Organisation mondiale de la santé. Ce qui la distingue ? Mettre la musique, sons, rythmes, harmonies, au service du soin, que ce soit sous une forme active ou réceptive. Les racines de cette pratique s’ancrent dans les travaux de pionniers comme Rolando O. Benenzon, à l’origine de la célèbre méthode qui porte son nom, et Edith Lecourt, référence dans la musicothérapie analytique de groupe.

En France, la structuration du métier passe par la fédération française de musicothérapie (FFM) et la Société Française de Musicothérapie (SFM). Ces organismes déterminent les bases du métier et reconnaissent les cursus issus d’instituts spécialisés, à l’image de l’Institut de Musicothérapie de Nantes. La musicothérapie s’adresse à une grande diversité de publics : enfants, adultes, seniors, personnes souffrant de troubles neurologiques ou psychiatriques, ou encore individus désireux d’améliorer leur équilibre personnel.

Plusieurs modalités structurent la discipline. Voici les principales approches :

  • musicothérapie active : implication directe du patient, qui joue, improvise, chante ou compose.
  • musicothérapie réceptive : basée sur l’écoute organisée de morceaux choisis.
  • musicothérapie énergétique : recours à des outils sonores particuliers (bols chantants, gongs, diapasons).
  • musicothérapie botanique : utilisation des sons de la nature et de l’environnement.

Le musicothérapeute sélectionne ses outils, élabore le programme en fonction des besoins de chacun, et s’appuie sur des méthodes éprouvées, nourries par la recherche et la pratique. Plusieurs associations, à commencer par l’Association Française de Musicothérapie et l’AMB en Belgique, proposent des formations, des événements et participent à la diffusion de la discipline. L’exercice du métier exige une formation approfondie et une compréhension rigoureuse des principes fondamentaux de la musicothérapie, en relation étroite avec d’autres professionnels de santé.

Quels sont les bienfaits concrets pour le bien-être émotionnel et mental ?

La musicothérapie agit bien au-delà d’une simple écoute de mélodies. Quand la musique devient outil thérapeutique, ses effets se font sentir sur plusieurs plans : émotion, cognition, relation à l’autre. Les recherches cliniques montrent une réduction de l’anxiété et une amélioration de l’humeur chez les patients atteints de troubles psychiatriques ou neurologiques. Certains hôpitaux utilisent la musicothérapie pour accompagner la gestion de la douleur ou la dépression, en complément d’autres soins.

Sur le plan biologique, la musique stimule le système limbique, ce qui entraîne la libération de dopamine, d’endorphines et de sérotonine : un trio qui contribue à réguler les émotions et à générer du plaisir. Chez les personnes confrontées à la maladie d’Alzheimer, on observe que la musicothérapie facilite la réminiscence des souvenirs et renforce la communication non verbale. Pour les enfants présentant des troubles du spectre de l’autisme, elle favorise l’expression émotionnelle et encourage la socialisation.

Les effets bénéfiques se mesurent aussi sur la neuroplasticité cérébrale : la pratique musicale, qu’elle soit active ou guidée, encourage l’ajustement et la restructuration des réseaux de neurones. On note des améliorations sur la mémoire, la concentration, la motricité et la capacité à résoudre des problèmes. Pour des personnes isolées, épuisées, ou atteintes de pathologies lourdes comme le cancer, la musicothérapie rend à la créativité et à l’échange une place de choix et redonne de l’élan au quotidien.

Groupe divers participant à un atelier de musicothérapie

Déroulement d’une séance de musicothérapie avec un professionnel spécialisé

Avant toute chose, le bilan psycho-musical pose les bases. Le musicothérapeute certifié prend le temps d’explorer l’identité sonore et musicale du patient : attentes, parcours musical, besoins spécifiques. C’est à ce moment que la confiance commence à s’installer, socle indispensable du travail thérapeutique.

Le déroulement d’une séance s’articule autour de plusieurs étapes, ajustées au contexte et à la personne concernée. La musicothérapie réceptive propose une écoute guidée de morceaux soigneusement choisis. Chaque musique possède des propriétés particulières, rythme, mélodie, harmonie, susceptibles de soutenir l’état émotionnel ou la concentration du patient.

L’approche active invite à entrer dans le jeu : improviser avec des instruments (percussions, piano, guitare, xylophone), chanter, expérimenter des jeux rythmiques. Les outils choisis varient selon les objectifs fixés : stimuler l’expression émotionnelle, encourager la motricité, renforcer la confiance en soi. Certains dispositifs s’appuient sur la méthode Tomatis ou le protocole Soundsory, qui combinent écoute au casque et exercices corporels pour amplifier la stimulation sensorielle.

Le musicothérapeute suit de près les progrès à l’aide de grilles d’évaluation, telles que la GEMEE, et ajuste le parcours si besoin. Les séances peuvent se vivre en individuel ou en groupe, dans des lieux variés : établissements hospitaliers, centres de rééducation, écoles, à domicile ou en maison de retraite. Grâce à cette souplesse méthodologique, la musicothérapie s’adapte à tous les âges et à toutes les situations.

De l’enfant à la personne âgée, des troubles neurologiques à la recherche d’un mieux-être, la musicothérapie s’invite là où la parole ne suffit plus, où la musique vient ouvrir une autre voie vers la rencontre et la transformation. Qui sait ce que révélera la prochaine note ?

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