Prévention des maladies chroniques par l’activité physique

En France, la prescription d’une activité physique adaptée est autorisée depuis 2016 pour les patients atteints d’affections de longue durée. Pourtant, seuls 20 % des médecins généralistes intègrent régulièrement cette recommandation dans leur pratique.

Les pouvoirs publics multiplient les campagnes en faveur du mouvement, mais les chiffres restent têtus : la plupart des adultes n’atteignent pas les seuils d’activité recommandés par l’Organisation mondiale de la santé. Ce paradoxe saute aux yeux, à l’heure où les études scientifiques s’accumulent et rappellent l’enjeu de l’activité physique pour prévenir et accompagner les maladies chroniques.

Pourquoi l’activité physique change la donne face aux maladies chroniques

En France, plus d’un assuré sur trois vit avec au moins une maladie chronique. Près de 12 millions de personnes sont concernées par une affection longue durée (ALD). À l’échelle mondiale, la moitié de la population serait touchée, selon les estimations. La sédentarité, elle, vient aggraver la donne : elle dégrade la qualité de vie et complique la gestion des soins.

L’activité physique ne se contente plus de prévenir. Elle s’impose désormais comme un traitement non médicamenteux à part entière, à considérer au même titre que l’alimentation et l’hygiène de vie. L’INSERM, la Haute Autorité de Santé, l’Organisation mondiale de la santé : tous s’accordent. Pratiquer régulièrement une activité adaptée réduit la probabilité de développer ou d’aggraver les principales maladies chroniques.

Voici ce que montrent concrètement les données :

  • Diminution de la mortalité chez les personnes atteintes de pathologies chroniques.
  • Moins de complications, d’hospitalisations et de rechutes.
  • Fonctionnement amélioré et plus d’autonomie au quotidien.

Le lien entre mode de vie actif et prévention des maladies chroniques n’a rien d’une croyance. Les enquêtes épidémiologiques le confirment : le risque de diabète, de maladies cardiovasculaires, de cancers ou d’affections neurodégénératives diminue chez ceux qui bougent. L’activité physique influe durablement sur la qualité de vie, modifie le cours de la maladie, et offre une réponse tangible à la progression muette de la sédentarité.

Quels effets concrets sur le diabète, les maladies cardiovasculaires ou encore certains cancers ?

L’activité physique agit sur plusieurs fronts pour prévenir et accompagner les maladies chroniques. Prenons le diabète de type 2 : bouger permet de freiner la maladie, de réguler la glycémie, de limiter la résistance à l’insuline. Pour ceux déjà diagnostiqués, bouger régulièrement aide à mieux équilibrer le métabolisme et, parfois, à réduire certains traitements.

Quand il s’agit des maladies cardiovasculaires, qui restent l’une des principales causes de décès, chaque mouvement compte. Marcher, pratiquer une activité d’endurance, ou simplement interrompre les longues périodes d’inactivité, tout contribue à renforcer le cœur et les vaisseaux. Résultat : tension artérielle abaissée, meilleur profil lipidique, risque d’accident vasculaire ou d’infarctus en baisse.

En cancérologie, les preuves s’accumulent : l’activité physique réduit le risque de plusieurs tumeurs, notamment celles du côlon et du sein. Après un diagnostic, elle aide à combattre la fatigue, préserve la masse musculaire, et soutient la qualité de vie même durant les traitements.

Les bénéfices s’étendent à d’autres domaines, comme le montre la liste suivante :

  • Moindre probabilité de développer un syndrome métabolique ou de l’obésité ;
  • Effets positifs sur la dépression, l’ostéoporose, la sclérose en plaques ;
  • Bénéfices prouvés pour les personnes âgées ou en situation de handicap.

Au-delà des statistiques, c’est l’expérience quotidienne qui bascule : retrouver de l’autonomie, envisager l’avenir autrement, gagner en confort de vie.

Homme senior faisant de l

Vers une prescription de l’activité physique : le rôle clé des professionnels de santé et de l’engagement individuel

Depuis 2016, le sport sur ordonnance est devenu une réalité pour de nombreux patients en France. Les médecins généralistes et spécialistes peuvent prescrire une activité physique adaptée (APA) aux personnes souffrant d’une affection longue durée (ALD). L’INSERM, la Haute Autorité de Santé et le Haut Conseil de la Santé Publique saluent ce dispositif qui place l’activité physique au centre du parcours de soins.

La prescription ne s’arrête pas à une simple suggestion. Elle repose sur une évaluation médicale approfondie : état de santé, traitements en cours, âge, capacités physiques, antécédents sportifs… tout est passé au crible. La consultation médicale préalable structure cette démarche : le praticien précise l’intensité, la fréquence et la nature des exercices selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (150 à 300 minutes d’activité modérée ou 75 à 150 minutes d’activité plus intense chaque semaine). Pour les personnes fragilisées ou souffrant de plusieurs pathologies, l’APA garantit un accompagnement par des professionnels formés, gage d’adaptation et de sécurité.

Un frein demeure : la prise en charge financière n’est pas assurée par la sécurité sociale, ce qui restreint l’accès pour certains. Pourtant, la motivation individuelle reste déterminante : chaque patient peut devenir acteur de son propre mode de vie.

Pour structurer la démarche, plusieurs leviers existent :

  • Mesurer la pratique grâce à des outils comme le questionnaire Exercise Vital Sign
  • Ajuster l’activité selon l’évolution de la pathologie
  • Renforcer l’autonomie et la motivation au fil du temps

Quand la dynamique impulsée par les soignants rencontre l’engagement personnel, c’est toute la trajectoire de la maladie chronique qui peut s’infléchir. Reste à savoir, demain, qui osera franchir le pas du mouvement pour ne plus subir sa santé.

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