La santé se définit, selon la définition la plus citée, comme « un état de complet bien-être physique, mental et social » qui « ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Cette formule figure dans la Constitution de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et sert de référence dans la plupart des débats, y compris en France.
Cet article détaille son origine, ses trois composantes, les définitions concurrentes et les critiques qu’elle suscite, avant de distinguer santé individuelle, santé publique et santé globale.
La définition de la santé selon l’OMS
La Constitution de l’OMS a été adoptée le 22 juillet 1946 et est entrée en vigueur le 7 avril 1948. Elle énonce que la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et pas seulement l’absence de maladie ou d’infirmité.
L’apport de cette formule est de sortir d’une vision purement négative : être en bonne santé ne revient pas à n’être atteint d’aucune maladie. Le bien-être entre dans la définition, au même rang que l’état du corps.
Les trois composantes de la santé : physique, mentale et sociale
La définition de l’OMS repose sur trois dimensions qui s’influencent mutuellement. Une douleur chronique pèse sur le moral, et un isolement prolongé finit par abîmer le corps.

La santé physique
La santé physique désigne le bon fonctionnement du corps : respiration, circulation, mobilité, sommeil, défenses immunitaires. Elle se travaille par l’activité, l’alimentation et le suivi médical, par exemple en prenant soin de la santé de vos poumons.
La santé mentale
L’OMS décrit la santé mentale comme un état de bien-être qui permet d’affronter le stress de la vie. Elle ne se limite donc pas à l’absence de trouble, même s’il est utile de savoir repérer un trouble psychique à temps.
La santé sociale
La dimension sociale recouvre les relations avec l’entourage, l’insertion dans un travail, un logement stable et l’accès aux services de base. Une personne sans soutien ni ressources est plus exposée, quel que soit l’état de ses organes.
Ce que disent les dictionnaires et les auteurs
Dans le langage courant, la santé est l’état d’un organisme qui fonctionne normalement. Le mot a aussi un autre sens : on porte une santé en levant son verre.
Le chirurgien René Leriche la décrivait comme la vie dans le silence des organes : on est en bonne santé tant que le corps se fait oublier. Le philosophe Georges Canguilhem a proposé une autre lecture dans Le normal et le pathologique, où la santé est la capacité de s’adapter et d’instituer de nouvelles normes face aux aléas de la vie.
Les limites de la définition de l’OMS
La critique la plus fréquente porte sur l’adjectif « complet ». Un bien-être complet est un idéal que presque personne n’atteint, ce qui ferait de presque tout le monde un malade.
La formule est aussi statique : elle décrit un état, alors que la santé varie au fil de la vie. Elle est difficile à mesurer, et elle s’applique mal aux maladies chroniques, puisqu’une personne diabétique ou asthmatique peut vivre bien avec sa maladie.
Des auteurs ont proposé le concept de santé positive, centré sur la capacité à s’adapter et à gérer sa situation plutôt que sur un état parfait. Cette idée rejoint celle de Canguilhem.
Santé publique et santé globale : deux notions voisines
La santé publique ne s’intéresse pas à un individu mais à l’état de santé d’une population et aux actions collectives qui le protègent : prévention, vaccination, organisation des soins. Elle suppose une bonne coordination entre professionnels de santé.

La charte d’Ottawa sur la promotion de la santé présente la santé comme une ressource de la vie quotidienne et non comme un but en soi. La santé globale élargit encore la perspective : elle traite des problèmes qui dépassent les frontières, et l’approche One Health relie santé humaine, santé animale et environnement.
Pourquoi la définition de la santé compte au quotidien
La façon de définir la santé détermine ce que l’on soigne et ce que l’on prévient. Si elle se réduit à l’absence de maladie, le suivi médical n’intervient qu’à partir des symptômes. Si elle inclut le bien-être, il porte aussi sur le sommeil, le stress ou l’isolement.
La santé dépend en outre de facteurs qui échappent au système de soins : comportements, environnement, revenu, accès aux soins. Agir sur ces déterminants passe par des gestes simples, comme le nombre de pas quotidien recommandé, et par un suivi régulier, dès l’enfance, avec le suivi médical de l’enfant.
Une définition large de la santé a donc des conséquences concrètes sur la prévention et sur la manière de juger si l’on se porte bien.

